Accident d'avion du C119 Detmold 38 Paras tués

26 Juin 1963 : Est marqué par un grave accident d’aviation dans lequel périront vingt-neuf para-commandos du 1 Para, trois dispatchers du CEP chage, un adjudant de l’Armée Nationale Con­golaise et cinq membres de l’équipage appartenant au 15e Wing de Trans­port et de Communication

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inst-2.gif Je me suis permis de mettre un extrait du texte tiré du livre Bérets rouge Béret vert ( E GNOT)  a fin de vous le faire partager : Les Belges y sont admis dans le cadre d'accords de l'OTAN. «Otterburn Training Area» se situe dans les monts Cheviot. au nord de l'Angleterre, aux portes de l'Ecosse. L'endroit était déjà fréquenté par les Romains. Des vestiges de camps, des ruines attes­tent leur présence. La plaine se présente sous forme de collines herbeuses entrecoupées de profondes vallées où. Par-ci par-là. Sont plantés un bois ou quelques arbres isolés. La région est couverte de marécages mais que vienne une période sèche, ce qui n'est pas fréquent, et le pays se transforme en véritable steppe qui, au cours des tirs, peut devenir rapidement la proie des flammes... Le climat est très humide, les températures y sont souvent basses et le vent vif. Quelques rudes fermiers pratiquent l'élevage, ils sont, avec les militaires et les quelques milliers de moutons, les seuls habitants de ce pays peu hospitalier. Quoi qu'il en soit, ces obstacles naturels n'ont pas empêché les Anglais d'y installer le plus réaliste des terrains d’entraînement au combat qui puisse exister en Europe. Pour les fusiliers para commandos qui en général y séjournent deux semaines, les exercices sont de trois types  défensif, offensif et instinctif -. Le réalisme des évolutions de pelotons ou compagnies avec tirs réels affine à la fois la valeur tactique et la cohésion des groupes. Les paras commandos apprennent à utiliser des munitions réelles au cours d’évolutions, à travailler ensemble et à acquérir une confiance mutuelle.Les unités d’appui - le peloton mortier 4"2, les pelotons de la Compagnie ATK, les sections Recce - y trouvent également la pos­sibilité de s’entraîner, soit dans des stands conçus spécialement pour elles, soit en appui du bataillon.

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inst-3.gifCe jour-là, la 13e Compagnie du 1 Para devait participer à la plaine manœuvre «Lance One» des Troupes de Couverture du 1 (BE) Corps en RFA et effectuer un saut sur deux DZ au sud de Geseke. A Melsbroek, les Paras Commandos restent un certain temps en «Stand By»  dans un hangar du champ d'aviation. Les pilotes attendent des précisions sur la météo des deux endroits de parachu­tage, mais les prévisions ne sont pas très optimistes...

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inst-5.gif Finalement, les quatre C119 décollent et mettent le cap sur la région de Gütersloh et Paderborn. Après une bonne vingtaine de minutes de vol, dans le quatrième avion, piloté par le lieutenant-colonel H. Kreps et où je me trouve, le dispatcher n° 1, le premier sergent-major W. Fau­connier qui se trouve à l'interphone donne l'ordre «Préparé for Action» (2). Il est alors ll h45, le vol nous paraît long, de plus il fait très chaud dans la carlingue. Dans la cabine de pilotage, le radio parvient à contacter les équipes DZ qui lui signalent que la limite de vitesse du vent est dépassée et que le saut est «cancelled» (Supprimé) 

                                                              Fiche de vol

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inst-4.gif La formation des quatre C-119 se trouve alors dans les environs1 de Dortmund. Kreps demande l’autorisation au contrôle aérien de Hanovre de pouvoir se diriger vers la base anglaise de Gtitersloh. Parvenu à une vingtaine de kilomètres de la piste, il passe sur la fréquence radar de la base et suit les indications de celle-ci. L’avion commence son approche, descend de l’altitude 7.000 à 3.000 pieds et s’engage au-dessus du champ de tir de Sennelager où des unités anglaises effectuent des tirs mortiers 3”. Entre-temps, Fauconnier a été mis au courant de la décision et a donné l’ordre d’attacher les ceintures de sécurité pour l’atterrissage. Il est alors 12h05 C’est alors que la catastrophe se déclenche!

inst-1.gif Un obus mortier, dans sa trajectoire, touche le C-119 à l’aile droite, à hauteur d’un réservoir de carburant. Immédiatement l’essence prend feu et, en quelques secondes, tout le côté «stardboard» k droit - est la proie des flammes. Celles-ci rentrent par certains hublots brûlant le para­chute des hommes assis de ce côté-là. Le premier sergent-major E. Chabot, se rendant compte de la situation, essaie d’ouvrir la porte de ce côté, mais il n’y parvient pas, il se retourne ensuite vers l’autre porte, au côté «Port» qu’il parvient à ouvrir... et hurle «Dehors  Il empoigne le premier passager qui lui tombe sous la main, le milicien M. Grosser, et le jette dehors. Au fur et à mesure que les hommes parviennent à se libérer de leur ceinture de sécurité, Chabot les empoigne et les fait sauter. Me trouvant placé assez près de cette porte, je saute à mon tour!

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inst-6.gif Le lieutenant-colonel Kreps s’efforce de maintenir l’avion en ligné de vol aussi longtemps qu’il le peut. Mais, tout à coup, le C-119 embrasé dans une énorme boule de feu bascule sur l’aile et pert rapidement de l’altitude. A partir de ce moment, plus personne ne quittera l’appareil qui ira s’écraser à Detmold, situé à quatre kilomètres du champ de tir. Les survivants, l’adjudant candidat officier de réserve G. Doneux, M. Grosser, F. Lacassagne, G. Collard, M. Crabs, V. Denis, J. Jadot, R. Van Tieghem et moi-même, lorsque nous touchons le sol, nous nous efforçons tant bien que mal de nous regrouper. Doneux et Collard sont rapidement sur les lieux de la tragédie; la carcasse  du C-119 brûle, l’explosion d’une cartouche ou d’un thunderflash au milieu des débris fait cruellement comprendre aux survivants que leurs camarades sont sans doute morts».

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gmeter.gif Après ils sont  ils se sont dirigés à l’endroit où le C-119 était tombé. Mais le squelette enflammé de l’avion et les petites explosions de munitions et de pétards fait clair pour eux que leurs camarades ne reverraient plus jamais.Des Britaniques,arrivés sur place emène sur les rescapés à la caserne de Gûtersloh Là bas plusieurs tentatives, l'Adjudant Doneux obtient le contact téléphonique avec la citadelle de Diest et prévient l'officier de garde de la catastrophe A 15 h déjà, une équipe judiciaire belge atterrit à Gütersloh afin de tenter de déterminer les causes et les responsabilités de l'accident. Le ministre de la Défense nationale, P.W. Segers, et le colonel Laurent, qui commande le Régiment depuis 1963, visitent les rescapés à l’infirmerie de la caserne où ils ont été admis en observation.

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                             clique sur les documents pour agrandir

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inst-2.gif Le deuil ans lequel le Régiment Para Commando est plongé résulte d’un dramatique concours de circonstances. Au moment où le lieutenant-colonel Kreps contacte le contrôle aérien de Hanovre et est pris en charge par le radar de la base de Gütersloh, personne au sol ne pense que l’avion va inévitablement survoler le champ de tir de Sennelager vers midi. Les militaires britanniques qui s’exercent au tir de mortier 3” ont reçu l’ordre d’interrompre leurs tirs à 12h00. Seulement, une section s’aperçoit à cette heure qu’il lui reste encore trois bombes et décide de les tirer. C’est hélas l’une de celles-ci qui touche le C-119 à l’endroit le plus vulnérable de l’appareil, le réservoir  carburant. C’est d’ailleurs ce qui explique la rapidité avec laquelle le feu s’est propagé. Le nombre de victimes aurait encore été plus élevé si le dispatcher Chabot n’avait eu la présence d’esprit d’ouvrir une porte et de pousser plusieurs militaires dehors.

  

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inst-3.gif Après ils sont  ils se sont dirigés à l’endroit où le C-119 était tombé. Mais le squelette enflammé de l’avion et les petites explosions de munitions et de pétards fait clair pour eux que leurs camarades ne reverraient plus jamais.

inst-4.gif Une partie des victimes seront enterrées au Centre d’Entraînement de Parachutage de Schaffen. Le Régiment érigera, au centre de la pelouse d’honneur du petit cimetière, une grande croix en béton à la mémoire des malheureuses victimes.

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inst-1.gif Sont morts à Detmold le 26 juin 1963 : Lieutenant André Goujon Sergent Jean Bernet Sergent André Rossius Sergent Victor Segnana Sergent Charles Van Ackere Parachutistes Michel Bastin Michel Bomblet Jean-Louis Breban Thierrry Calbrecht Richard Dellis Armand Godin Joseph Keuter François Lavigne Christion Losson Jacques Masser Y van Massy Jacques Meskens Louis Mousty Joseph Peyralbe Jean-Claude Praet Alphonse Smàrs Freddy Steurbaut Hugo Van Dessel Michel Van Snick Franz Warnant Fernand Wautier Jean Wrona Michel Wuidart Michel Wuilpart, du 1 Para

gmeter.gif 1er sergent-major Edmond Chabot - 1er sergent-major Willy Fauconnier - 1er sergent-major Jacques Mahieu, du CE Pchage - Adjudant Lihau, de l’armée nationale congolaise - Lieutenant-colonel Herman Kreps- Adjudant-chef Jacques Quets- Adjudant Henri Vermeesen  Adjudant Jozef Vuegen 1er sergent-major Gilbert Zwanepoel, de la Force aérienne belge.

inst-3.gif La Roi  Baudouin accompa­gné de Ch. Poswik, ministre de la Défense et du major P. Despreoins , comman­dant le CE Pchage , se rend au cimetière des victimes de Detold lors de sa vi­site au CE Pchage an 1966 .

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inst-3.gif Bonjour Marc, Tu trouveras ci-joint quelques documents sur la catastrophe de Detmold. De 1 à 5 : un article qui relate les faits avec qq.photos et le récit de mon amis Marc Crabs, lui aussi rescapé, qui fais partie de manière active de l'amicale et avec qui je suis en relation constante puisque c’était déjàs un amis avant notre service militaire. 6 & 7 sont des photocopies des fiches des stick port  et starboard de l'avion qui s'est écrasé. Les noms précédés d'une croix sont les rescapés de cette tragédie. Bien à toi.  Roger. Roger Van Tieghem Brancart Bonjour Marc, je répond à ta demande, J'ai fais mon service militaire à Diest au 1 bon para, 13ème compagnie en 62/63. Je suis aussi un des 9 rescapés de la catastrophe de Detmold (26/06/1963) J'étais aussi moniteur OA et OR à Temploux et champion de Belgique de figures à quatre en 1975.A bientôt.        

                                       Detmold ( Par Albert V )                               

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gmeter.gif Bonjour :  je suis un ancien de la 13 session 62/63, j'aurais souhaité avoir les coordonnées mail, voir plus, de Daniel Baise, mon ami qui a dessiné dans mon livre photos et que je garde encore bien précieusement, tout ceci afin de compléter ma recherche et j'ai comme projet de réaliser une exposition pour le 50ème anniversaire de l'accident de Detmold. Amitiés para-commando.

inst-2.gif 02 Mars 2013 Nous sommes invités chez lui à dîner le contact fût très sympa, passionné par l'histoire de Detmold car il était dans un des avions ce jour là et à échappé a l'accident. Il me raconte qu'il était dans un des avions ce jour là et l'avion qui a été victime du crash à Detmold il n'en ont rien su la manœuvre a continué et seulement plus tard ont appris la catastrophe Il me remet un projet de son livre qu'il consacre à cette journée, que je mettrai en ligne plus tard vers Juin 2013. Sont recueil il me l'a confié je met quelques passages sans pour cela dévoiler son récit avec son accord.   

inst-3.gif Les photos et documents mises ci dessous ne figures pas dans son récit , uniquement pour imager le texte 

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Prologue

inst-6.gif Le 26 juin 1963, la 13ème compagnie du 1er bataillon du para-commando de Diest était à bord d’un puissant C-119 pour effectuer un exercice de saut en parachute. L’avion militaire avait décollé de la base de Melsbroek un peu plus tôt dans la matinée. Dans la soute de transport de ce « wagon volant », les frères d’armes ne devaient pas avoir entièrement leur aise – l’un d’entre eux ayant même dû prendre place dans les WC - et se réjouissaient certainement  de quitter le bord par la voie des airs, après une longue attente sur le plancher des vaches.La plupart de ces jeunes hommes, nos compagnons d’armes, nos amis, étaient à l’aube de leur existence. Ils vivaient leur vie à cent à l’heure, aventureux, fiers et courageux. On ne choisit pas d’être para par hasard. Ils allaient malheureusement être brisés dans leur élan et leurs projets par un accident d’une bêtise sans nom. Trente-huit d’entre eux allaient perdre la vie à la suite d’un malencontreux tir de mortier opéré à l’occasion d’un exercice qui se déroulait sur le champ de tir de Sennelager, dans les environs de la petite ville de Detmold.C’est là, dans cette ville de Westphalie désormais vouée au tourisme, qu’il y a bientôt cinquante ans s’éparpillèrent les débris du transporteur de l’armée belge. Un épisode inconnu pour la plupart, une histoire datée dont les archives conservent quelques documents, un jour tragique dont nos mémoires conservent à jamais la trace, nous les para-commandos du 1er bataillon qui avons eu l’honneur de servir avec nos défunts camarades.C’est en leur nom et en celui de leurs familles et de leurs proches que nous avons pris l’initiative de faire paraître cet opuscule, ce livre-souvenir, qui raconte une histoire dramatique mais qui fut aussi héroïque. N’oublions pas le 26 juin 1963. 

 

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inst-6.gif Le mercredi 26 juin 1963, très tôt le matin, un convoi militaire s’apprête à quitter  la Citadelle de Diest. De nombreux camions acheminent les parachutistes de la 13ème Compagnie du 1er Para à l’aéroport de Melsbroek. Les hommes du convoi doivent participer à l’exercice « Lance One », quelques heures plus tard, dans le courant de l’après-midi, en Allemagne. Ils doivent exécuter un saut à deux zones de dépôt au sud de Geseke.A Melsbroek, les Paras Commandos sont soulagés. Ils n’en finissaient pas de ronger leur frein et essayaient tant bien que mal de tuer le temps pendant lequel ils étaient placés en «Stand By» dans un hangar du champ d'aviation. Les pilotes attendaient des précisions sur la météo des deux endroits de parachutage, mais les prévisions ne sont pas très optimistes...Enfin, tout le monde est à bord. Le C119 qui compte 47 personnes, dont cinq membres d’équipage s’avance sur la piste. Il reçoit l’autorisation de décoller.   Trois autres C119 l’accompagnent.Les quatre C- 119 décollent et mettent le cap sur la région de Gütersloh et Paderborn. Après une bonne vingtaine de minutes de vol, dans le quatrième avion, piloté par le lieutenant-colonel H. Kreps, le dispatcher n° 1, le premier sergent-major W. Fau­connier qui se trouve à l'interphone donne l'ordre «Préparé for Action». Il est alors 11 h45, le vol paraît long. Nous sommes en été. Il fait très chaud dans la carlingue. Dans la cabine de pilotage, le radio contacte les équipes DZ. Les nouvelles sont mauvaises. La limite de vitesse du vent est dépassée. Le saut initialement prévu est supprimé.La formation des quatre C-119 se trouve alors dans les environs de Dortmund. Le lieutenant-colonel Kreps demande l’autorisation au contrôle aérien de Hanovre de pouvoir se diriger vers la base anglaise de Gütersloh. Parvenu à une vingtaine de kilomètres de la piste, il passe sur la fréquence radar de la base et suit les indications de celle-ci. L’avion commence son approche, descend de 7.000 à 3.000 pieds et s’engage au-dessus du champ de tir de Sennelager où des unités anglaises effectuent des tirs de mortiers 3 pouces. Entre-temps, l’opérateur radio et instructeur de saut Fauconnier a été mis au courant de la décision et a donné l’ordre d’attacher les ceintures de sécurité pour l’atterrissage. Les hommes sont détendus. Certains enlèvent même leur casque. Il est alors 12h05.

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gmeter.gif..Une des sections anglaises constata qu’il lui restait trois grenades. Autant s’en débarrasser. Les soldats font feu.  Dans sa trajectoire, un obus touche le C-119 à l’aile droite, à hauteur d’un réservoir de carburant. Immédiatement l’essence prend feu et, en quelques secondes, tout le côté «stardboard» k droit s’enflamme. Le feu entre par les hublots et brûle le parachute des hommes assis de ce côté-là. Le premier sergent-major E. Chabot, se rendant compte de la situation, essaie d’ouvrir la porte de ce côté, mais il n’y parvient pas, il se retourne ensuite vers l’autre porte, au côté «Port» qu’il parvient à ouvrir... et hurle «Dehors ».  Il empoigne le premier passager qui lui tombe sous la main, le milicien M. Grosser, et le jette dehors. Au fur et à mesure que les hommes parviennent à se libérer de leur ceinture de sécurité, Chabot les empoigne et les fait sauter.  Neuf parachutistes réussissent ainsi à quitter l’avion en flammes ! Que Chabot n’aura pas l’occasion de quitter !Le lieutenant-colonel Kreps s’efforce de maintenir l’avion en ligné de vol aussi longtemps qu’il le peut. Mais, tout à coup, le C-119 embrasé dans une énorme boule de feu bascule sur l’aile et perd rapidement de l’altitude. A partir de ce moment, plus personne ne quittera l’appareil qui ira s’écraser à Detmold, situé à quatre kilomètres du champ de tir. Les survivants, l’adjudant candidat officier de réserve G. Doneux, M. Grosser, F. Lacassagne, G. Collard, M. Crabs, V. Denis, J. Jadot, R. Van Tieghem et l’adjudant-chef Cienszkowski, ont pu quitter l’appareil. Ils touchent bientôt le sol. Tant bien que mal, sous le choc, ils se regroupent. Un de leur compagnon n’a pas eu leur chance. Son parachute ne s’est pas ouvert !...................

A 15 h déjà, une équipe judiciaire belge atterrit à Gütersloh afin de tenter de déterminer les causes et les responsabilités de l'accident. Le ministre de la Défense nationale, P.W. Segers, et le colonel Laurent, qui commande le Régiment depuis 1963, visitent les rescapés à l’infirmerie de la caserne où ils ont été admis en observation.....

inst-2.gif ....L’enquête va nécessiter le recoupement de témoignages. Dans un premier temps, ignorants que l’embrasement de l’avion fût causé par un tir de mortier, des témoins oculaires ont affirmé que le pilote avait tenté d’accomplir un atterrissage de fortune. Un ouvrier agricole qui travaillait à 500 mètres de là, a déclaré qu’en vol, un des moteurs de l’avion a pris feu et que, peu après, une partie de la voilure s’est détachée.Selon ce témoin, l’appareil se serait abattu presque verticalement et se serait écrasé sur le terrain de tir nommé « Belle alliance ». L’épave s’est instantanément embrasée. Il n’a pu apporter le moindre secours. Certains passagers visiblement blessés essayaient vainement de s’extraire de l’avion en feu...

inst-1.gif ....Et quand on songe que Chabot était à la porte et qu’il avait la possibilité de se sauver, on réalise la grandeur d’âme et l’héroïsme de ce sous-officier qui a tout fait pour sauver un maximum de para commandos dont Il avait la responsabilité.Les autorités belges se rendent sur place Au lendemain de l’accident, Monsieur Segers, ministre de la défense nationale, quitte Bruxelles à destination de Detmold, à bord d’un avion qui emporte en même temps le commandant du 1er bataillon de Para, le général Ceuppens, de la Force aérienne et le chef d’état-major de la Force aérienne, le général Henry.

gmeter.gif ...Un des survivants de l’accident, MARC Crabbs , couche sur papier le récit des événements tels qu’ils lui sont à tout jamais restés en mémoire.« (…) Nous venons d’apprendre que nous n’allons pas sauter. Le vent est de 27 nœuds. Je suis déçu, nous allons atterrir, être embarqués dans les camions, etc… Nous recevons l’ordre d’attacher nos ceintures  car l’avion va entamer la procédure d’approche pour atterrir. Nous sommes tous assis. Tout à coup, j’entends un pouf.Je suis assis au 3ième siège à starboard. Je regard par un des hublots et constate que le moteur starboard est en feu. Je sais que les avions disposent d’un système d’extinction pour éteindre le feu d’un moteur et qu’ils peuvent voler sur un (seul) moteur. Le feu ne s’éteint pas. Au contraire il s’amplifie très vite et en quelques secondes à peine les flammes dépassent la queue de l’avion...

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inst-2.gif ...L’enquête sur l’accident a été instantanément mise en place. Dans les premières heures qui ont suivi l’accident, tous les protagonistes étaient dans l’expectative. Les survivants comme de nombreux témoins du drame crurent à la survenue d’une explosion dans l’appareil. En recoupant les témoignages, le trajet de l’avion et en mettant celui-ci en parallèle avec l’exercice de tir effectué par les forces britanniques, les enquêteurs arrivèrent à formuler une terrible hypothèse qui figurera dans le communiqué du ministère de la Défense nationale publié quelques jours plus tard :« Il paraît possible actuellement de reconstituer comme suit les faits qui ont amené l’écrasement, à Seenelager (R.F.A), le 26 juin 1963, à 12 heures, d’un C119 de la Force aérienne transportant des parachutistes belges et dans lequel 38 militaires belges ont trouvé la mort...

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inst-6.gif ...Les neuf hommes qui ont pu sauter à temps le doivent à l’initiative du dispatcher, le premier sergent-major Chabot, qui a ordonné et dirigé leur saut et a lui-même péri à bord...

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inst-2.gif ....« L’avion C-119 accidenté était parti de Melsbroek à destination de Gütersloh. Il avait à bord 5 membres d’équipage de la Force aérienne et un groupe de 42 passagers, parachutistes du 3ème peloton de la 13ème compagnie du 1er bataillon Para de Diest et radios du peloton de transmission. A hauteur du terrain d’exercice de Seenelager, les parachutistes se préparaient à l’atterrissage de l’avion lorsqu’une explosion, due à des causes qu’une commission d’enquête devra déterminer, se produisit. Le dispatcher, le 1er sergent-major Chabot, parvint à ouvrir la porte de gauche et à faire appliquer la « procédure de sortie en cas de détresse ». C’est ainsi que six parachutistes qui se trouvaient du côté gauche de l’avion et trois du côté droit purent s’échapper immédiatement en se servant de l’appareillage commandant l’ouverture automatique ou en sortie libre et en actionnant le parachute de réserve....

inst-1.gif ...Il était vingt heures trente. Les familles attendaient plongées dans un climat d’inquiétude. Cela faisait près de trois heures qu’elles s’impatientaient. Là une mère, un père, une fiancée, une sœur… Ce fut sous une pluie méchante et maussade que le DC 3 de la Force aérienne qui ramenait les rescapés se posa sur la plaine de Bruxelles-national.Les familles savaient que leurs fils étaient à bord de l’avion. Mais, vivant ou mort. Le lendemain de la catastrophe, toutes les informations avaient tendance à circuler de façon désordonnée au point que le doute submerge dans les esprits.L’appareil s’est posé. Il est arrêté. Les proches et les familles font demi-cercle autour de l’avion ainsi qu’une nuée de journalistes et de photographes. Un officier de la Force aérienne et deux officiers parachutistes montent à bord. Des consignes sont données aux soldats. Ils finissent par descendre de l’appareil.Ils sont accueillis par la joie et les larmes de leurs proches, sont pressés de toute part par les journalistes et reporters qui les interrogent. Les officiers mettent fin aux interviews. Il faut abréger. Peu de temps avant l’atterrissage des rescapés, les corps des trente-huit victimes étaient arrivés à l’aérodrome militaire de Melsbroek à bord de trois C-119. Le hangar n°2 de l’aéroport militaire est plongé dans un silence caractéristique que ne perturbe que le vent qui balaye la plaine et le grondement diffus d’un avion qui décolle et s’en va au loin...

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inst-4.gif....Ce jour-là, à 10h30, le Roi Baudouin et la Reine Fabiola se sont rendus sur place et, dans le silence religieux du hangar, ils ont salué les victimes de la catastrophe. Les cercueils étaient disposés en demi-cercle sur une estrade recouverte de drapeaux nationaux et de bouquets d’œillets rouges et roses. Après s’être inclinés devant les dépouilles des militaires, les Souverains se sont entretenus avec les familles des victimes que leur avaient présentées le commandant Minne, du 1er bataillon de para, et le lieutenant-colonel Lesire.Le Roi portait l’uniforme de lieutenant-général, la Reine était habillée de noir. Ils avaient été accueillis par le lieutenant-général aviateur Henry, les lieutenants généraux de Cumont, Thomas et Sellier de Moranville, le lieutenant-colonel Gobin, chef de corps du 15ème Wing, et le colonel Laurent, commandant du régiment des parachutistes....

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inst-3.gif...Une partie des victimes sera enterrée au Centre d’Entraînement de Parachutage de Schaffen. Le Régiment érigera, au centre de la pelouse d’honneur du petit cimetière, une grande croix en béton à la mémoire des malheureuses victimes.Sont morts à Detmold le 26 juin 1963 : Lieutenant André Goujon, Sergent Jean Bernet , Sergent André Rossius, Sergent Victor Segnana, Sergent Charles Van Ackere, Parachutistes Michel Bastin, Michel Bomblet, Jean-Louis Breban, Thierrry Calbrecht ,Richard Dellis, Armand Godin, Joseph Keuter ,François Lavigne, Christion Losson, Jacques Masser, Y van Massy, Jacques Meskens, Louis Mousty ,Joseph Peyralbe, Jean-Claude Praet, Alphonse Smàrs, Freddy Steurbaut, Hugo Van Dessel ,Michel Van Snick, Franz Warnant, Fernand Wautier, Jean Wrona, Michel Wuidart, Michel Wuilpart, du 1 Para 1er sergent-major Edmond Chabot - 1er sergent-major Willy Fauconnier - 1er sergent-major Jacques Mahieu, du CE Pchage - Adjudant Lihau, de l’armée nationale congolaise - Lieutenant-colonel Herman Kreps- Adjudant-chef Jacques Quets- Adjudant Henri Vermeesen  Adjudant Jozef Vuegen 1er sergent-major Gilbert Zwanepoel, de la Force aérienne belge. La Roi ( Baudouin )  accompa­gné de Ch. Poswik, ministre de la Défense et du major P. Despreoins , commandant le CE Pchage , se rend au cimetière des victimes de Detmold lors de sa visite au CE Pchage an 1966 ...................................

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Le corps d'Edmond Chabot sera ramené à Fosses le 3 juillet : l'échevin Jean Jadin, son ancien condisciple, avait organisé un comité pour des manifestations grandioses d'hommage à ce héros qui, par un acte de totale abnégation, termina sa vie toute confrontée au danger. Devant une foule considérable, les sociétés patriotiques, les Pompiers et la Police locale, la Musique et les autorités communales, un office fut célébré en la collégiale par l'aumônier des Paras, suivi de l'inhumation au caveau de famille à Bambois

inst-2.gif Une Plaque commémorative ainsi qu’un morceau de la carlingue de l’avion ont été placés au cimetière de Lorette à Visé. A chaque date anniversaire, l’amicale des para-commandos  vient la fleurir, en souvenir de leurs compagnons décédés en service commandé... 

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        memoriamflame.gifChaque année nous rendons hommage dans divers amicales memoriamflame.gif

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   memoriamflame.gif  Jean Mary Gallez 63 detmold-26-juin-63-jean-marie-gallez.jpg 

Bonjour, Marc étant en Australie depuis 1969, j’ai perdu tout contact et depuis bien des années, mon grand désir était de retrouver mes copains de service. Jai mis ma photo de Para sur Facebook pour qu on me reconnaisse. C'est avec beaucoup d’émotion que j’ai lu le journal et je voudrais y contribuer aussi. Moi aussi, je suis un "rescapé" de sorte du vol fatal. J’étais exempt pour 3 jours après une foulure au pied. C'est moi qui ai fait la liste des placements dans l'avion Mon devoir après l'accident a ete d'essayer d'identifier les choses retrouvées dans l'épave et aller en délégation pour les funérailles des 2 des copains identifies et rendus aux familles. J'ai des photos que je pourrais t'envoyer si tu veux. Cela me ferait un plaisir énorme de te-vous contacter. A Bientôt, j’espère. Jean Mary

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j'etais Caporal etmes copains de chambre furent presque tous dans l'accident,a part Lacassagne et Jadot.Godin,Lavigne,Masser,Losson,Mousty...ne sont pas revenus! Mousty avait l'habitude de dessiner un parachute dans son beret chaque fois qu'il sautait...Cela aurait ete son 13eme saut! Eh oui,Van Tieghem etait dans mon peloton,il etait dans la chambre d'a cote.A bientot,J-Mary Sous ordres du medecin,Diericks et moi etions reste a la caserne.Ce mercredi 26 Juin,nous etions dans notre chambre,ecoutant la radio et a 12.30,environ,nous avons entendu les nouvelles.la radio etait d'une confusion incroyable,peloton 1,2,3,bataillon,compagnie...tout etait tres confus.Nous sommes alles au chef de Corps qui n'en savait pas plus et se battait avec les telephones qui n'arretaient pas de sonner...Les manoeuvres ont ete arretees et le reste du bataillon est revenu a la caserne.Le Vendredi matin,le commandant Mine nous a tous renvoye a la maison pour prouver que nous etions encore en vie.Mes parents venaient de recevoir ma lettre disant que j'allais en manoeuvres a Detmold...Inutile de faire un dessin!Le Samedi matin,la police est venue m'ordonner de rentrer a la caserne pour identifier les objets retrouves dans l'epave.Apres Cela,un des sergeants est venu dans notre chambre pour ouvrir les armoires et rendre le contenu aux familles.Godin m'avait confie sa cle au cas ou....Je l' ai bien sur donnee au sergeant!Periode tres eprouvante pour tous.Apres les funerailles,2pelotons ont ete reformes au lieu de 3 et Lacassagne n'etait plus dans le mien.

                                                     memoriamflame.gif     20   Ans aprèsmemoriamflame.gif

Hélas, un peu plus de deux ans après la catastrophe de Detmold, un second accident de C-119 occasionne la perte de trois  para-comandos.

 

Le 22 octobre 1965, le premier sergent-major Berwaerts, le sergent J. Steemans et le soldat milicien D. Feller, tous trois appartenant au peloton « Rav Air » du Centre d’Entraînement de Parachutage, devaient larguer des fûts d’essence pour les besoins d’un exercice du 1 (BE) Corps en RFA, A proximité de la zone de parachutage, pendant la manœuvre d’approche, l’appareil percute une colline près de Hofgeismar. L’équi­page et les trois largueurs périssent dans l’accident.

 

copie marcparacommando

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