COR 1962/1963 2ème Bataillon Commando

 

dague.gifUn matin de Pâque 2013 un message :J'ai édité un fascicule de 35 pages avec photos et anecdotes sur mon service militaire au 2 cdo à Flawinne. Je voudrais vous envoyer le fichier Pourriez vous me communiquer une adresse email sur laquelle je pourrais vous envoyer mon fascicule sur mon service au Para commando comme COR de mars 1962 juin 1963. 35 pages avec de nombreuses photos et description des tests et épreuves telles que je les ai vécues.Ma brochure est déjà au musée des commando à Flawinne

Service militaire au Para Commando de Mars 1962 à juin 1963 (15 mois)

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           Insigne du Béret Commando.             Insigne de chemise.

sbienvenue_1074.gif Je suis convoqué au «Petit Château» le long du canal pour les tests de candidature pour officier de réserve. Les épreuves, tests et examens médicaux durent 3 jours.

Les épreuves physiques et morales se passent à Everberg. Très intéressantes furent les épreuves pour juger des capacités d'initiatives et d'aptitudes au leadership. Pour passer certains obstacles, on doit construire par équipe de cinq candidats, des constructions en rondins. Il faut donc pouvoir se mettre en avant pour se distinguer des autres. Le Scoutisme m'aide fortement dans ce domaine. Un autre test consiste à devoir parler autour d'une table sur un sujet anodin, dans mon cas ce fut une boîte d'allumettes. On juge la manière de s'imposer dans un groupe, la manière de s'exprimer clairement avec humour si possible.

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dague.gif  J'ai postulé pour les Para-Commando car je rêve de partir au Congo. Toutes les sessions précédentes à la mienne ont fait un long séjour à la base de Kamina et font des exercices de survies dans la brousse. Cela m'intéresse de partir au Congo même si le service militaire est de 15 mois au lieu de 12. Je réussis les tests physiques et psychologiques On m'envoie aussi à l'hôpital de Tournai pour des examens des poumons. Je ne sais toujours pas pourquoi ? J'apprends un peu plus tard que je dois attendre 6 mois avant de pouvoir rejoindre le Bataillon. Pour rendre cette période d'attente fructueuse, je pars pour 5 mois à Rodenkirchen près de Cologne.La famille Müllerit, relation de la famille, me trouve un boulot dans l'usine de fabrication de couleur la Drùckfarbenfabriek (permis de travail), un logement dans un home pour jeunes réfugiés de l'Allemagne de l'est et m'offre une hospitalité chez eux pour mes loisirs et Weekend. Le couple se compose de la femme et du mari et...de deux filles age 25 ans et Uchi 22 ans. Moi j' ai 24 ans. Visa pour un paradis ! Je pars avec ma Lambretta pour 5 mois en Allemagne.

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                  Départ en Lambreta         Arrivée à Rodenkirchen en Lambreta

Je décrirai en détail cette magnifique expérience dans le chapitre 9 Voyages, Vacances, Stages

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Je m'apprête à faire mon service militaire mars 1962 à juin 1963 (15 mois) La Compagnie École pour candidats Officiers / Sous-Officiers de réserves (C.O.R et C.S.O.R)

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                              alpha_0131.gifon objectif : gagner ce fameux béret Vert

dague.gif Après mes cinq mois en Allemagne, je peux enfin commencer mon service militaire.J’ai été affecté au 2 ème bataillon Para Commando à Flawinne (Namur) La Caserne, outre la Compagnie école, est occupée par 3 autres Compagnies ainsi qu’une Compagnie indépendante A.T.K. (antichar) formant un bataillons de bérets verts, le 2 Codo dirigé par le Colonel Lemasson, un petit cousin de ma mère.Il y a le 1er Bataillon Para à Diest et le 3 ème à Tielen, tous les deux, bérets rouges.

dague.gifA Schaffen, est installé le centre d’entraînement Parachutistes, où je passerai 3 semaines pour le Brevet Para.

dague.gifA Marche-les-Dames, nous avons le centre d’entraînement Commando pour le Brevet Commando.Ces trois Bataillons forment le Régiment Para Commando, créé après la guerre en 1952 sur les traces des combattants commando Belges de la deuxième guerre mondiale formés au célèbre camp d'Acknacarry en Écosse.

dague.gifLe régiment doit compter à peu près 3000 hommes à l’époque grâce aux contingents de miliciens tous volontaires (service militaire obligatoire) encadrés par des militaires de carrières.

dague.gifAvant 1960, juste avant mon incorporation, tous les Para Commando passaient 6 mois au Congo Belge et pouvaient faire des exercices de survie en Brousse.

Hélas, l'indépendance du Congo en 1960, sonna le glas de cette possibilité et les troupes furent rapatriées en Belgique.Mon rêve s'écroulait, je ne partirai pas au Congo.

alpha_0122.gifLes C.O.R. et C.S.O.R. Les Candidats Officiers et Sous Officiers de Réserve

dague.gifUn camion nous prend à la gare de Namur et nous conduit à la caserne de Flawinne où nous sommes séparés en deux pelotons, un francophone et un flamand.

Nous devons être à peu près 60 candidats Officiers et Sous Officiers de réserve. On nous annonce d'emblée, qu’il n’y aura que maximum une quinzaine d’entre nous qui réussiront ! A la caserne, le sergent Maret nous prend immédiatement en charge après une brutale harangue pour nous faire comprendre que nous devons oublier notre état de Civil et que nous sommes des moins que rien dans le monde des Para Commando ! Les Candidats francophones sont répartis dans deux chambrées avec des lits en fer et une haute armoire métallique étroite pour notre paquetage.

dague.gifNous formons deux sections de 12 hommes. A partir de maintenant, tout devra être plié au carré sous peine d’être balancé à terre par le sergent.Nous allons chercher dans un hangar tout notre équipement, chemises et pantalons Denim, vestes et pantalons camouflés, petit sac à dos « Tapsac », le sac Bergam, gamelle, couverts, gourde, pull à col roulé, bandes molletières, 2 paires de godasses, toile de tente , béret Kaki etc..Pour la tenue de sortie, un « Battle dress », nous passons par le tailleur pour les mesures. Enfin,nous allons à l’armurerie pour prendre notre arme « le Fal » que nous devrons chérir comme notre fiancée, dixit le sergent !

dague.gifLa grande vie peut commencer. Levé à 6 heures, lavé, habillé, petit déjeuner au réfectoire et enfin le salut au drapeau sur le Parade Grounds avant de passer à l'exercice.

 

L’entraînement intensif de base durera 6 mois jusqu’à l’obtention du béret vert pour ceux qui réussiront toutes les épreuves. Durant cette période, les candidats Officiers et Sous-Officiers que nous sommes, seront éliminés à chaque épreuve non réussie.

dague.gifNous avons des cours théoriques sur la Tactique de section, de peloton et de compagnie, le camouflage (le fameux f.o.r.m.a.t. )

dague.gif Les sergents nous initient aux armements divers, le Fal, le Falo, la Mi point trente, Mitraillette Vigneron, Grenades, Energa, Blindicide, avec montage, démontage et nettoyage des armes. Il y a aussi le secourisme et les premiers soins, la lecture de cartes et la radio PRC10, PPC11…

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Fal : Fusil Automatique Léger munition 7.62 fabriqué par la F.N.Baïonnette, tromblon pour fusée Energa, lunette de tir (sniper) 4. 3 kg + 20 cartouches dans cartouchière Tir au coup par coup ou en rafale.

Falo : id avec trépied 6.8 kg Portée de 200 à 600 mètres Généralement, nous nous assoupissons durant les cours, tant la fatigue est grande.Nous voyons rarement notre officier de Cie le Lieutenant Tancré, à l’air très aristocratique.Manifestement, il délègue presque tout aux deux sergents.

Ont nous préparent progressivement à pouvoir affronter les tests finaux. Les cross commencent en tenue de gymnastique sur petite distance. Mais semaines après semaine, les distances s’accroissent. Ensuite, ce sont les Marches et Speed Marches en tenue de combat avec sac à dos et fusil. Cela se fait en peloton et en chantant le célèbre chant des G.I. Américains. L'entrainement est progressif (5,10, 16 km) afin de permettre à chacun d'atteindre cet objectif qui parait infaisable au départ A terme, nous devons pouvoir faire 16 km en 1 heure quarante. Les retardataires doivent être aidés par les autres en prenant leurs armes et sacs à dos.L’essentiel, c’est d’arriver ensemble et surtout de créer un esprit de solidarité. (le spirit)

dague.gifChaque semaine, nous allons à la piscine pour nous préparer aux test de natation, 100 mètres en moins de x secondes, nage habillé avec arme, sauvetage avec mannequins. Les pistes d’obstacles de tout ordre se font, au début sans équipement, ensuite avec le barda.Les cordes sont particulièrement dures pour nos bras.Mais tout manquement de l’un ou l’autre candidat, est puni de «pompages multiples». (tarif 30 à 50 pompages) pour nous faire des bras.Dans la caserne, il y a une piste d’obstacles et une piste de cordes, mais il y en a une aussi à la citadelle de Namur où nous partons en camion.Toujours le manque de sommeil et la fatigue nous épuisent sans pouvoir récupérer.C’est horrible. Les  sergents nous crient sans cesse dessus et nous traitent de « bande de klets », de « demeurés » (la moitié est universitaire !), d’incapables etc..Cela use vraiment à la longue pour le physique mais aussi le moral et c'est leur but.Il y a aussi les « Drills », stupides à nos yeux de pauvres pèquenauds, où il faut faire d’interminables figures de marche en peloton, des « présentés armes », des demis tours à droite,obliques à gauche, oblique à droite , arme à l'épaule, Mutsen aff, etc ..

militaire009.gifA tour de rôle, nous devons chacun d’entre nous, hurler les ordres de commandement. Gare à ceux qui ont une petite voix. Ce sont des mauviettes !

dague.gifC’est encore l’hiver et il fait un froid de canard, ces exercices sont interminables et se terminent généralement par des pompages collectifs.Le but de ces parades, c'est de nous apprendre à obéir aux ordres et de créer un esprit de groupe.Il faut avoir de l'allure ensemble !

 

dague.gifEn principe, le W.E., nous pouvons rentrer chez nous, mais seulement après une speed marche de 16 km, suivi de douche, tenue impeccable à repasser et inspection avant de partir.Il arrive que pour un motif futile, nous soyons privés de W.E., soit individuellement soit collectivement.Je me trouve tout bête dans cet uniforme à la gare de Namur, mêlé aux autres militaires d’autres casernes de ploucs.Je n’ai pas encore ce fameux béret qui nous distinguera des autres.Heureusement ma mère m’attend à la maison pour une bonne douche, un repas succulent, et dormir…dormir  Elle a 24 heures pour laver, repasser mes équipements, recoudre les boutons, repriser etc..Retour à la caserne et rebelote , une nouvelle semaine d’épreuves.

dague.gifIl y a aussi les nombreux exercices sur le terrain. Généralement cela se passe sur le plateau de Belgrade où le vent souffle violemment. Des exercices de camouflage et de ramping, attaques de sections, attaques de maison, traversées de mares et rivières et bien d’autres joyeusetés sont au menu.

dague.gifNos deux sergents sont vraiment des cas ! L’un , le sergent Vanderlinden, a fait la Corée et veut particulièrement nous en faire baver. Parfois pour avoir une trêve, nous lui demandons de raconter ses exploits en Corée. Ouf ! nous pouvons nous asseoir et nous lui faisons raconter le plus longuement possible, les corps à corps dans les tranchées et les combats à la baïonnette contre les Chinois. C’est toujours du temps gagné.Le sergent Maret n’est pas bien grand mais il a fière allure et porte une moustache de Lord Anglais.Tous deux ont le langage fleuri spécifique aux Para Commando.Nos sergents ne nous martyrisent pas par sadisme mais parce que cela fait partie de la culture Commando, héritée de premiers combattants Belges entraînés en Angleterre.Aussi étrange que cela puisse paraitre, nous acceptons toutes les épreuves, brimades, voire des insultes sans broncher car nous savons qu’à la moindre défaillance, nous serons éjectés de cette troupe d’élite. Il faut donc tenir à tout prix! Nous sommes aussi à la merci d’une déficience physique, d’une maladie ou d'un accident.Il n’ y a pas de deuxième chance ! La devise du Commando c'est «Do or Die» ou « who dares, wins ».Quelque-uns nous quittent déjà, soit pour raisons médicales ou morales. Ils en ont plein le C…

dague.gifNous avons droit aussi aux «extra drill» Les sergents, de retour d’une petite virée à Namur, nous réveillent à grand cris en pleine nuit et, en quelques minutes, nous devons être tout équipés en tenue de combat avec armes et gros sac à dos, nos Bergam.Au pas de course et dans le noir, nous arrivons sur la plaine de Belgrade. Le calvaire va commencer ! Ramping dans la boue et pompages se succèdent. Enfin, on nous fait grimper en courant une grande butte de terre jusqu'à épuisement ! Après deux et trois heures de ce traitement, nous revenons au petit trop à la caserne. Il ne nous reste que quelques heures pour nettoyer nos armes, laver nos godasses et nos tenues et les faire sécher sur les radiateurs. Nous devons être fin prêts pour le salut au drapeau à 7 heures. Pour le sommeil… on repassera ! Mais il y eut un incident grave durant ces extra drill. Un de nos compagnons d’infortunes, très grand et très fort avait été pris en grippe par les instructeurs, parce qu’il était le fils du Général Libaert. Ces exercices, il dût les faire avec la grosse mitrailleuse .30 sur le dos.(18 kg !)Il eut un grave malaise cardiaque après l’épreuve et il dût quitter les Commandos. Nous avons appris plus tard qu’il avait porté plainte via son père, le Général.Après cela, ces extra drill ne pourront plus se faire que sous la supervision d’un officier et ne seront plus laissés à l’entière discrétion des sergents.J’appris plus tard par mon fils Olivier, Commandant au Para Commando que les « extra drill » avaient été entièrement supprimés.

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                     Mitrailleuse MI.30 portée 1000 mètres poids 18 kg

dague.gif Une autre petite vexation : La règle était qu’il fallait toujours saluer un gradé en toutes circonstances. Au retour en courant d’un exercice sur le parade grounds, je croise dans les escaliers un sergent d’un autre groupe en train de surveiller une corvée de nettoyage. Il m’interpelle, me fait saluer et, pour me punir, me force à mettre ma tête dans le seau de savonnée et cela, devant les quelques soldats de corvée qui seront peut être sous mon commandement plus tard. C’est une brimade insupportable mais je m’exécute sans broncher ni rouspéter. Cela, c’est du conditionnement !

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Notre Chambrée Nettoyage des armes COR : Goblet 4ème à gauche, Nauwelaerts 1er, Spielman 2 ème, CSOR Dielkens

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Tenue de Cachot (sans ceinture, sans lacet, le bonnet cloche et le manteau de prisonnier

dague.gifJ’apprécierai beaucoup mieux les exercices d’infiltration de nuit, les marches à la boussole, les embuscades et attaques, le close combat etc. Tous ces exercices se font avec des balles à blanc caractérisées par un embout rouge.Parmi les nombreuses manoeuvres auxquelles j'ai participé avec mon peloton, je me souviens particulièrement d'une, qui se déroula à Elsenborn en plein hiver avec la participation de toute la compagnie et de chars.Nous creusons avec nos pelles d'infanterie nos tranchées face à la grande plaine d'où viendront les blindés et peut être l'aviation ? L'attente commence dans le froid, la journée se passe, rien ne bouge ! Le peloton s'impatiente mais nous devons rester et il gèle à pierre fendre . Je suis pris d'un besoin pressant et m'éloigne de ma tranchée en abandonnant mon fusil ! Erreur fatale, le sergent passe et confisque mon fusil. En temps de guerre , on doit faire ses besoins dans la tranchée. Cette négligence me vaudra un jour de cachot, plus vrai que nature. On m'enlève mes lacets, retire ma ceinture et, revêtu du long manteau de prisonnier, je passe la journée et la nuit dans un cachot. Voila une expérience de plus à mon palmarès. (voir photo) Pour se réchauffer, j'allume ma boîte à alcool et me mets sous ma toile de tente dans la tranchée.Cela devient intenable et les blindés ne viendront pas ! Finalement la manœuvre fut annulée car trop froid pour les blindés! Bien content, nous rentrons à la caserne. Je n'aurais pas voulu être à la place des GI's lors de l'offensive des Ardennes en 1945 !

dague.gif Pour les exercices de tirs, nous les faisons à Ronet le long de la Sambre. Nous apprenons à tirer avec les tout nouveaux Fal. de la F.N. qui peuvent tirer en rafales ou au coup par coup. Pour les tirs «Energa» (fusée perforante) ou avec le Blindicide (sorte de Bazooka), nous partons à Bourg Léopold ou au Camp de Lagland. Nous tirons sur un vieux char de la guerre 40, percé de trous comme un gruyère. C'est impressionnant de voir qu'on peut détruire un char en lui faisant un petit trou avec ces obus perforants. (à charge creuse) Le tir avec le Fal équipé d'un embout spécial pour lancer la fusée Energa, fait très mal tant le recul est fort. Il faut mettre la bretelle contre sa poitrine et surtout ne pas mettre en joue sous peine d'avoir la mâchoire arrachée. La gâchette par le recul fait un mal de gueux aux doigts.

dague.gifJe me souviens aussi d'un exercice sous le feu de balles réelles. Nous devons progresser en rampant avec sacs et fusils sous des barbelés sur une distance de plus ou moins 50 mètres sous le feu d'une mitrailleuse Mi 60 tirant en rafales au dessus de nous . Pour faire encore plus vrai, les sergents balancent des Tunderflash. Nous entendons les balles siffler au dessus de nous.Pour les Explosifs, nous allons dans le fort de Marchovelette (un des sept forts autour de Namur) placer des charges de dynamite sur les gros mur en béton.Une très grande solidarité s’est installée parmi nous et non pas une compétitivité. Chaque départ d'un candidat, nous attriste malgré le fait que nous savons que très peu d’entre nous, réussiront toutes les épreuves.Au bout de quatre mois, nous voilà prêts à passer les fameux tests physiques de Para Commando. Durant cette dure période, je serai heureusement soutenu par ma marraine de guerre qui m'écrira chaque semaine en Allemand. Cela me rappelait tant de bons souvenirs de mon séjour dans cette famille d'accueil durant 5 mois avant mon service militaire.

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           Compagnie École sur le Parade Ground Sergent Maret en tête de Peloton

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Compagnie École au Défilé Pas encore le béret vert. Étant de taille moyenne (1m73) je suis en queue de peloton

                                      alpha_0122.gifes tests Para Commando

dague.gifLe grand moment est enfin arrivé et nous devons passer les épreuves individuellement. Pistes de cordes et d’obstacles chronométrés se succèdent, portage d’un partenaire sur le dos (technique du coup du pompier) sur 100 mètres en moins de x secondes. Cela se termine par un 16 km individuel avec Tap sac, le fusil et les cartouchières en moins de 1heure quarante. Nous partons à 1 minute d’intervalle un flamand puis un francophone en alternance et nous ne savons pas pourquoi ? A l’arrivée, on nous déséquipe, on nous met immédiatement des gants de boxe et il nous faut boxer contre un flamand ! Cela s'appelle le «Melling»La règle est de ne pas esquiver les coups mais de sans cesse frapper l’adversaire. Le but est de tester la combativité du soldat après une grande fatigue. Je sors avec un œil au beurre noir (voir photo), mon adversaire avec un nez qui pisse. Cela se passe sous les acclamations des autres aspirants, arrivés avant nous. Ambiance totale ! J’ai appris aussi que cette épreuve folklorique avait été supprimée un peu après.Problème linguistique oblige !Après un week-end réparateur, les résultats sont proclamés. Ceux qui ont échoué, partent immédiatement vers d’autres unités non Para.

dague.gif Il nous reste maintenant à passer le brevet Para et enfin le brevet Commando pour pouvoir porter ce fameux béret vert.

               alpha_012.gife Brevet Parachutiste037b5a71bc060f293e7a89e8a3f4a525.gif à Schaffen. (Diest)

dague.gifNous partons pour la caserne de Diest où se trouve le centre d’entraînement Para sur la plaine de Schaffen. Ce seront 3 semaines de calme pour nous. Au départ, quelques cours théoriques sur les sauts en parachute, ensuite des exercices de roulé boulé pour amortir les chutes. Nous devons bien sûr, porter le casque pour éviter les accidents au sol.Enfin, c’est l’exercice à partir d’une tour. Nous nous accrochons à un filin qui se déroule sous notre poids pour simuler la vitesse d'un atterrissage et arrivée au sol en roulé boulé.Notre condition physique est entretenue par de nombreux cross et marches.On nous apprend le rituel du saut. Que ce soit en ballon ou en avion, notre parachute est accroché à un câble, ce qui permettra son ouverture automatique.Dès la sortie durant une courte chute libre de quelques secondes, il faut hurler le célèbre 363, 362,361, et à ce moment, c’est-à-dire 30 mètres plus bas, le parachute doit théoriquement s’ouvrir, si tout va bien et nous devrions sentir alors un grand choc. Pour ceux qui auraient mal placé leurs sangles, ils auront une forte douleur aux testicules écrasées par les courroies , sinon, nous avons aussi appris comment ouvrir le parachute de réserve attaché à notre ceinture ! Nous ne tenons pas à en faire l'expérience !dirigeable2.gif

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                 Le Ballon                                           La nacelle

dague.gifUne fois fin prêts, nous abordons le saut en ballon. Il y a une grande nacelle en dessous du ballon,relié au sol par un grand câble, pouvant contenir 5 hommes. A tour de rôle, nous embarquons par groupe de trois ou quatre dans la nacelle qui monte lentement jusqu’à 300 mètres. C’est très impressionnant de voir le sol en miniature et les vaches si petites. Notre coeur se met vraiment à battre car le grand moment du saut approche, c’est un petit pas à faire comme descendre d’un tram mais quelle émotion ! Une fois le parachute ouvert, il suffit de se laisser bercer par le vent et préparer son atterrissage contrôlé en tirant sur les suspentes adéquates. Un roulé, boulé et l’affaire est dans le sac car il faut replier notre parachute pour un nouveau conditionnement ! Au sol, c’est l’extase et une grande envie de recommencer. Mais nous dépendons entièrement du vent pour ces sauts. Que ce soit en ballon ou en avion, c’est trop dangereux de sauter si le vent atteint une certaine vitesse. Ce qui fait que les sauts sont sans cesse reportés. Finalement nous ferons nos 4 sauts de ballon et les sauts d’avion peuvent commencer.

dague.gifNous allons sauter des célèbres C119 les « Flying Boxcar » à double queue, produits durant la 2 ème guerre mondiale.

                         Le Flying BoxCar C119 Le largage à 300 mètres

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Stick : Starboard , lors d'un rappel Lieutenant Goblet à Starboard 4 ème sur la photo

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parachutiste-belge-c130-saut-1.gif goblet-cor-1962-para-commando-15.jpgmilitarymilitarymilitary

                 Go... Go... Go...     331..332...333....  Arrivée au sol.

dague.gifLes sauts d'avion sont encore plus aléatoires car nous devons rejoindre Melsbroek en camion. On nous annonce un temps calme et nous embarquons dans les camions. A l’arrivée à l’aéroport, nous nous harnachons et commence alors l’attente interminable. Depuis notre départ, les conditions météo ont changé et le saut est « Cancelled » Retour à Diest pour une nouvelle tentative demain et ainsi de suite. Ce fut une semaine de merde, ces allers retours sont exaspérants. Finalement, nous aurons nos 3 autres sauts d'avion.Sortie du C 119

dague.gifLe saut d’avion est finalement moins impressionnant que de ballon car on ne voit rien jusqu’à la dernière minute. Nous sautons d’un vieux C119 qui fait un bruit d’enfer et vibre terriblement. Un (dispatcher) se tient à la queue de l’avion et nous, 36 à 40 hommes, sur les deux banquettes latérales avec notre parachute sur le dos et le réserve sur les genoux. Près de la D.Z. (dropping zone), nous nous levons et nous plaçons en file indienne, collés les uns aux autres. Nous accrochons notre «Static line» qui glissera sur un fil qui court le long de la carlingue. La lumière passe au vert et, au signal du dispatcher, nous avançons l'un contre l'autre vers la sortie. Plus question de reculer, il faut suivre la file. Nous sautons dans le vide, à 300 mètres du sol, les uns après les autres sans pouvoir hésiter une seconde. Les parachutes ouverts forment un beau chapelet de 30 petits points dans le ciel. L’arrivée au sol se fera comme pour le saut en ballon, en douceur, s'il n'y a pas de vent !


               alpha_0122.gife brevet Commando c930e8715838fafc1a9fbb5f1469de51.gif à Marche les Dames 

goblet-cor-1962-para-commando-18.jpg MARCHES-LES-DAMES-A-291.jpg

                                    Les tentes le long de la Meuse

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  L'escalade sur le « Tarzan »     Nous nous entraînons aux descentes en rappel avec ou sans équipements (petit sac et fusil)

dague.gifNous sommes accueillis à Marche les Dames par le Commandant Militis en personne, figure emblématique des Commandos, rendus célèbre par les exercices en brousse au Congo. C'est lui aussi qui a crée le Centre d'entraînement de Marche les Dames et le non moins célèbre «Raid de Bouillon » sur la Semois. Notre entraînement va durer 1 mois et heureusement c'est l'été. Nous logeons à 12 sur des lits de camps dans les grandes tentes que l'on voit toujours le long des falaises sur la rive gauche de la Meuse. On nous hurle qu'à partir de maintenant, tout déplacement devra se faire en trottinant.

dague.gifLe s instructeurs rocher nous apprennent à grimper sur les falaises en cherchant les prises adéquates. Nous sommes toujours assurés du haut par un instructeur. A la taille nous avons une cordelette avec mousquetons et des gants que nous ne quitterons plus. Chaque piste porte un nom révélateur, le Tarzan, le Charbonnier, le Roi Albert, le Château, l'Amphibie, le Crombez et Freyr.Parfois, après les rochers, nous enchaînons avec des parcours de cordes et échelles dans les vallées

latérales. Pour moi, les exercices les plus durs, ce sont les échelles de cordes qui , à chaque échelon, me ramènent quelques centimètres plus bas au lieu de gagner quelques marches tant l'élasticité de ces échelles diaboliques est grande. Un autre cauchemar, c'est le passage à plat ventre sur la corde avec une jambe repliée sur elle et l'autre utilisée comme balancier. En cas de dévissage,il faut impérativement se rétablir en se servant de la jambe comme balancier. C'est exténuant surtout  avec notre équipement !

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             Le Death ride               J.G. sur le pont de singe J.G. Sur la poutre          

dague.gif Il y a aussi le fameux « death-ride » partant de tout en haut des rochers pour aboutir face au petit étang. (100 mètres) Équipe d'une petite fourche en bois ou d'un mousqueton passée sur la corde tendue à 45 °, nous nous laissons glisser à toute vitesse jusqu'en bas. Un instructeur active le système de frein tout en bas.Traversée d'une section, sur l'étang en dinghy.

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                             Ma section sur la Meuse J.G. à la barre

dague.gifPour la piste d'obstacles, il nous faut monter le sentier à forte côte jusqu'à Wartet. Nous logeons parfois dans les baraques qui datent de la guerre, remplacées actuellement par un grand bâtiment avec un luxueux réfectoire. Cette piste est très dure et provoque quelques petits accidents.Il y a une autre piste de corde dans la vallée près de nos tentes. Ces exercices sont entrecoupés par des séances de «close combat», des constructions de radeau et traversée du petit lac avec une jeep et l'équipage et le célèbre passage de la Gelbressée par un tunnel et dans la petite chute d'eau. Un des passage est appelé le « bac à merde » car la rivière Gilbressée passe en amont par le couvent des sœurs où les égouts s'y déversent. Nous sommes donc en odeur de Sainteté !

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dague.gifNous trottinons sans cesse entre les différents exercices, et comme d'habitude, des séances de pompages pour nous faire les bras.Il faut reconnaître que tout est bien rodé et que tout est fait pour éviter les accidents, les blessures,les brûlures aux mains. Tout problème nous condamnerait à devoir abandonner.Ensuite les grands exercices peuvent commencer en dehors du camp.Je me souviens du Raid appelé AGADIR. Marche de nuit à la boussole jusqu'au Fort de Dave, fait prisonnier et « escape » vers la Meuse. Ceux qui arrive à temps, peuvent traverser en Dinghy, les retardataires doivent faire un détour jusqu'à Andenne pour traverser au pont.

dague.gifUn autre très célèbre s'appelle « Me and my Pal ». C'est un exercice en duo avec lecture de carte vers divers « Check Points » et qui se termine par la traversée de la Meuse à la nage. Les sacs Bergam et les fusils doivent être enveloppés dans les deux toiles de tente.Par miracle cela flotte et il nous suffit de pousser le ballot devant nous en nageant .Retour aux tentes, séchage des bottines et tenues, nettoyage de l'arme et gros dodo jusqu'au matin.

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Passage de la Meuse avec Barda.Tout reste sec, emballé dans nos toiles de tente. Nous avons bien mérité notre brevet de Commando.Ce n'est pas mon nom sur le brevet mais je trouve le nom très approprié !

                                         alpha_0122.gife Raid de Bouillon.

dague.gifCe Raid va conclure notre entraînement de Para Commando. Il s'agit d'un exercice d'infiltration et de survie de huit jours derrière les lignes ennemies. D'après mes souvenirs, cela devait se passer entre Vresse et Herbeumont en passant par bouillon. Notre peloton se déplace de nuit en silence et sans lampe, longeant la Semois, passant par les sommets pour éviter les courbes de la rivière et traversant les gués tout habillé. Nous avons sur le dos, tout l'équipement lourd pour la survie, la toile de tente, le Sleeping bag, le gros Bergam, les boîtes d'alcool pour la cuisson , gourdes,gamelles, vêtements de rechange etc.. peut être 20 kg, plus notre bien aimé fusil « Fal ».La progression se fait la nuit et le repos le jour, camouflés sous les petites sapinières car nous sommes susceptibles d'être attaqués à tout moment par des forces ennemies (les plantons).De temps en temps, nous avons rendez-vous avec des partisans pour nous faire descendre ou monter une falaise. Au petit matin, nous sommes sensés atteindre un check point (azimut) où nous trouverons notre nourriture et l'itinéraire du lendemain. Tout se passe bien si le peloton ne se perd pas, ce qui est rare, car de nuit, la progression est très pénible surtout que nous ne pouvons pas emprunter les larges chemins de peur d'être interceptés. Le relief est très rude et les traversées de Semois très froides et nous aurons les pieds mouillés en permanence.Il n'est pas rare que, à chaque pose pour chercher sa route sur la carte, l'un ou l'autre soldat s'endorme et est ainsi oublié. Un sergent joue le camion balai.Il m'est arrivé de dormir et d'halluciner en marchant, tout en suivant la longue file des soldats.J'ai fait cet exercice deux fois. La première en tant que candidat Officier et une autre fois quelques mois plus tard en temps que chef de Peloton. Ce fut à moi d'assumer l'entière responsabilité de la lecture de carte et boussole et de maintenir le moral des troupes.Il ne fallait pas perdre mon peloton de 30 hommes dans les forêts. Il faut arriver au petit matin afin de pouvoir manger et se reposer. Les hommes se révoltent facilement en cas de retard et deviennent incontrôlables. Une nuit, un soldat oublia son fusil lors d'un arrêt forcé. Retour en arrière et recherches furent infructueuses. Au Bivouac, il fallut avertir l'Etat Major, qui requit l'aide de la gendarmerie pour retrouver l'arme. !Une autre nuit, je longeais la Semois suivi de mon peloton, quand soudain j'entendis du bruit.J'intimai l'ordre de se planquer. Je vis alors un autre Lieutenant suivis de son peloton qui allait exactement dans le sens opposé au mien, espérant trouver un pont pour traverser la Semois ! Nous nous concertons mais restons chacun sur nos positions. Heureusement pour moi, j' étais dans le bon sens et à l'arrivée, mon prestige s'en trouva renforcé. Le pauvre Lieutenant Joveneau, officier de carrière, eut les pires difficultés pour retrouver son autorité. Il fut d'ailleurs sanctionné par sa hiérarchie militaire.A Bouillon, il y eut les exercices d'assauts du Château et descente en rappel mais mes souvenirs sont trop vagues pour les décrire.La dernière étape fut très épuisante, à tel point que tout en marchant, j'eus des hallucinations !Je crus voir un mât surmonté d'un drapeau et un cantonnement. Je prenais mes désirs pour la réalité!Finalement les camions nous attendent au petit matin, je ne sais plus dans quelle localité ! Retour à Marche les Dames et permission exceptionnelle pour nous refaire une santé et une beauté avant la cérémonie de la remise des Bérets verts .

Les parents sont invités à Marche les Dames pour assister à la remise des bérets verts.

          goblet-cor-1962-para-commando-30.jpg

Visite de la famille pour la remise des bérets verts.Sur la photo de G à D : Adj. Nauwelaerts et Adj Goblet Martine, Maman.

dague.gifConstatation sur la sélection des candidats: Je fut très étonné de constater que ce n'était pas les grands malabars de grandes tailles qui réussissaient le plus facilement les épreuves.Les petits et moyens gabarits ont manifestement plus de facilités dans les épreuves de courses et de marches, les pistes d'obstacles, des cordes et ils ont généralement plus de résistance.J'ai constaté également très peu de problèmes de bagarres des membres de mon peloton dans les sorties en ville ni avec les civils ni avec les autres militaires casernés à Namur.Une seule fois il fallut faire intervenir la police.

                                         alpha_003.gifhef de Peloton.

dague.gifNous sortons de la Compagnie école à 6 sur 30 candidats francophones (3 Officiers et 3 sous Officier). Tous les autres ont été réaffectés dans d'autres unités non Para-Commando.J'ai le grade d'Adjudant.

dague.gifJ'obtiens la seule place disponible en temps que chef du peloton A. Spilman et Nauwelaerts, mes deux collègues rescapés, sont adjoints d'autres pelotons et auront des fonctions plus administratives en temps que S1 ou S2...J' hérite deux Sous Officiers de réserve (Dielkens et Lachapelle), rescapés de la Cie école, pour me seconder, les deux autres sont des sergents de carrière.

dague.gifLe commandant Vanderperre dirige notre compagnie. Il m'a à la bonne et m'encourage lors des grandes manoeuvres. Il devint Major et mourut en 1978. Les autres chefs de peloton de la Cie sont les Lieutenants Jovenaux et Detry.

dague.gifCe sont les sergents qui assumeront l'essentiel de la formation du Peloton. Trois hommes compétents, gentils, qui m'aideront dans ma tâche.Un nouveau contingent de soldats miliciens vient de commencer l'entraînement que je viens de subir. Le premier contact avec ces 30 gaillards est très impressionnant pour moi et très formel, juste être devant le peloton pour le salut au drapeau et quelques paroles de bienvenue.Mais la discipline militaire des Para et le fait qu'ils sont tous volontaires, facilitent vraiment la tâche. Je passerai le reste de mon service militaire, c'est à dire 9 mois, avec ce groupe qui va suivre le même entraînement que je viens de recevoir. Ils auront d'abord la formation de base, suivi du passage du brevet Para, du brevet Commando et du Raid de Bouillon. Ensuite il leur restera 9 mois de manœuvres diverses qui font le charme de la vie de soldat.La vie de pacha peut commencer pour moi. Tout d'abord je loge dans une chambre à part « la case »ensuite j'ai droit au Mess Officiers c'est à dire à avoir un petit déjeuner amélioré avec des œufs, être servi à table par un milicien et surtout de pouvoir fréquenter le bar Officiers.

dague.gifC'est donc la vie de château et en plus avec la solde d'un officier de réserve.

J'ai quartier libre tout les soirs ainsi que mes W.E. Je prends le train à Namur en grande tenue et fier comme Artaban avec mon béret Vert.Je fais la connaissance des autres officiers de carrière de la caserne, une trentaines je crois. Certains d'entre eux n'ont pas fait l'école Militaire et sont donc plafonnés au grade de commandant.Quelques uns , les plus âgés, logent même à la caserne, à défaut je crois, d'une vie de famille très souvent compromise. C'est eux qui nous confieront, à nous réservistes, leurs malaises de la vie militaire. Quand ils étaient plus jeunes, ils ont participé activement à la vie militaire de Para-Commando et fait de nombreux séjours au Congo. Maintenant plus âgés, ils sont confinés dans des fonctions plus administratives et s'ennuient ! La préoccupation de la plupart des autres officiers de carrière, c'est leur avancement et surtout l'examen de Major tant redouté des officiers francophones pour le test du flamand ! Quelque uns feront une brillante carrière militaire. Je noterai les noms de Lemasson, Wilmotte, Verstraeten, Malherbe, Jeunehomme, Uittersprot, Deudon qui deviendront Lieutenant-Colonel De temps en temps, pour fêter un anniversaire, un avancement, il y a « le Free Bier » auquel bien sûr, mes deux collègues et moi, nous participons gaiement.Les trois officiers réservistes, nous sortons aussi à Namur dans la rue de fer pour quelques virées ou encore nous allons boire un verre au bar juste en face de la caserne. Une charmante demoiselle assure un service non stop !

dague.gifJe me souviens d'une virée tragi-comique. Les trois compères sortons en tenue militaire à Namur et essayons de rentrer dans une boîte de jazz, située dans une cave avec accès par un petit escalier.Il faut savoir qu'à cette époque, Namur est une ville à soldats car il y a de nombreuses casernes.Les soldats ne sont donc pas bien vus des Namurois et en particulier des cafetiers et commerçants.Nous sommes refoulés par le portier malgré notre statut d'officier. !Nous décidons de nous venger ! En tenue civil, nous partons un soir en voiture jusqu'à une rue contigüe à cette fameuse boîte. Spielman reste dans la voiture pour faire le guet. Nauwelaerts et Moi, nous allons jusqu'au bar. Il n'y a personne à la porte, personne dans la rue mais nous entendons le bruit de l'orchestre de jazz. Nous balançons une bombe fumigène dans l'escalier et nous nous sauvons à toute vitesse. Un peu plus tard nous repassons en voiture devant le bar et voyons avec effroi l'orchestre et les clients affalés sur le trottoir, toussant à qui mieux mieux ! Nous avons manifestement sous estimé le danger que nous avons fait courir à ces gens.C'est, honteux et culpabilisés, que nous retournons à la caserne.Durant les cinq premiers mois, ce sont les sergents qui vont avoir la charge essentielle de mon peloton, mon rôle se limitant à de brèves apparitions mais je participe à tous les parcours de cordes,pistes d'obstacle, les 10 puis 16 km ainsi que à toute les manœuvres extérieures.

dague.gifComme les para commando ne peuvent plus partir en Afrique et que des manoeuvres à l'étranger ne sont pas encore organisées, nous aurons droit à de multiples manœuvres en Belgique dans tous les camps militaires. Lagland, Bourg Léopold, etc..Ce n'est pas très sexy mais cela nous occupent.Je sympathise avec le lieutenant Genot qui commande le peloton jeep Antac. Je le reverrai plusieurs années plus tard et lui rachèterai le grand terrain (1 hectare) qui se trouve à l'arrière de mon chalet.Par hasard,nous nous retrouverons aussi au sports d'hiver à Leysin avec Michèle mon épouse.Il terminera sa carrière comme Major et s'occupa du service de presse de l'armée .

goblet-cor-1962-para-commando-31.jpg goblet-cor-1962-para-commando-32.jpg

                 A la maison dans le jardin en uniforme avec le béret vert

dague.gifNous voyons arriver des nouveaux officiers de réserve, sortis tout droit de la Compagnie école.Il n'y eut à nouveau que trois sélectionnés : Adj. Danloy, fils du Lieutenant Colonel du même nom,Adj. Materne (Confiturerie de Thorembais les Beguines), Adj Cassart (Entreprise de déménagements). Voilà du sang neuf , comme le Beaujolais nouveau, pour le Mess Officier !C'est le Lieutenant de Réserve Danloy qui reprendra mon Peloton, à ma démobilisation.Lors d'un Weekend de permission , notre petit groupe de 6 Officiers et Sous Off de réserve partons à Dohan sur la Semois invité par l'un d'entre nous, le sergent Lachapelle. Ses parents possèdent un vieux moulin le long de la Semois. Nous avons fait des provisions de Tunderflash, fusée éclairantes et autres gadgets. La rivière est gelée et nous mettons des Tunderflash sous la glace pour voir l'effet de la déflagration. On se balade, on tire au fusil. Le soir nous allons prendre un verre dans le seul Hôtel-Café du village. Je fais la connaissance d'une toute jeune fille de 18 ans en vacance avec ses parents, les Docquois.Je la revois très brièvement le lendemain et lui fixe rendez vous après ma démobilisation.Elle deviendra ma première femme, Danielle Docquois.

dague.gifLa soirée se termine plutôt mal pour moi car ayant trop bu, je dois vomir durant la nuit mais ne peux pas trouver la sortie de la chambre. Heureusement il y a mon gros pull que j'irai discrètement laver à la rivière le lendemain matin.Le 20 mai 1963, je prête serment et suis nommé Sous Lieutenant. (Matricule 93827)Les mois passent et bientôt je serai démobilisé. Les hommes de mon peloton doivent encore faire plusieurs mois avant d'être « démob ».

dague.gifEn juin 1963, c'est la quille, je suis démobilisé. Une petite fête et repas sera organisée avec tous mes gars.

goblet-cor-1962-para-commando-33.jpg goblet-cor-1962-para-commando-34.jpg

Quelques soldats de mon Peloton Diner d'Adieu, je suis démobilisé. eux pas encore ! JG civil démobilisé. entouré de quelque uns de son peloton !

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Carte Militaire Je garde de mon service militaire au Para-Commando de fabuleux souvenirs.

dague.gifLes épreuves, surtout à la compagnie école, m'ont endurci le corps. Il faut être toujours « fit »comme on nous disait sans cesse. Depuis lors, je lui ai toujours fait confiance et il ne m'a jamais trahi sauf quelques petits pépins indépendants de sa volonté (un « infar » et un zona). Pour le moral, je sais maintenant qu'il ne faut jamais renoncer et que tout est toujours possible !Ma capacité d'audace (« Who dares, Wins ») s'est accrue et je sais que je peux diriger des hommes avec la douceur et la fermeté nécessaire. Mains de fer dans un gant de velours !Je suis « full of beans » pour aborder la vie professionnelle. Je me crois invincible !!!La déception sera d'autant plus grande à mon retour dans la vie civile.Cinq ans après ma démobilisation, en juin 1969, je monte en grade et devient Lieutenant de réserve.

dague.gifLe 26 juin 1963, juste après ma démobilisation, j'entend à la radio l'annonce de la catastrophe de DETMOLD où 29 parachutiste du 1 èr Para ont trouvé la mort.Leur avion C119 survolait un champ de tir d'artillerie en Allemagne, lorsqu'il fut atteint par une bombe. Quelques Para eurent le temps de sauter en parachute grâce à l'héroïsme d'un Dispatcher,pour les autres il était trop tard !Un monument a été élevé à Schaffen pour honorer leurs mémoires.En novembre 1964, j'écoute avec attention les nouvelles des Paras sautant sur Stanleyville et Paulis pour sauver et sécuriser plus de 2.375 Européens. Quelques-uns de mes anciennes connaissances sont de la partie. Comme je regrette de n'avoir pu participer à ces opérations qui auraient donné un véritable sens à ma formation de Para Commando !J'ai fait partie aussi de l'amicale des Para-Commando durant plusieurs années.Avec eux, j'aurai quelques Weekend de remise en jambes en collaboration avec l'armée.

                                   alpha_018.gifappel 1973

dague.gifDix ans plus tard, en 1973, j'effectue un rappel dans le cadre des cours de Capitaine de réserve. J'ai de la chance, je pars pour 2 semaines dans le camp de Otterburn en Ecosse. C'est, dans ces immenses plaines vallonnées qu'il est possible d'organiser des attaques à balles réelles avec toute une compagnie, même un bataillon. Mon rôle est d'être arbitre pour baliser le déplacement des troupes en ligne avec un drapeau mais surtout d'empêcher les miliciens de tirer sur les troupeaux de moutons qui paissent tranquillement dans l'axe des tirs ! Pour la première fois, je vois l'impact d'une balle de guerre dans le corps d'un mouton touché que les sergents viennent d'achever à la baïonnette.C'est affreux, un petit trou à l'entrée de la balle mais un éclatement total de la chair à la sortie.J'imagine l'horreur des combats en temps de guerre.J'ai appris plus tard que les fermiers préféraient laisser les moutons sur le terrain d'exercice, du fait que l'armée les indemnisait largement pour les quelques pertes .J'assiste aussi à des tirs de Mortiers, visant manifestement le troupeau qui part en débandade.Je suis aussi impressionné par les tirs des grosses mitrailleuses qui tirent à plus d'un kilomètres de distance. Quelques balles traçantes évoluent au loin dans une longue courbe lumineuse.J'ai aussi la chance de faire plusieurs reconnaissances en petit hélicoptère de combat. Le brouillard est total et nous devons atterrir le plus vite possible en évitant les fils électriques. C'est génial pour moi qui suis déjà actif dans la vie civile. Une visite à Edimbourg termina ce rappel et nous eûmes beaucoup de succès auprès des jeunes anglaises dans un vaste dancing. Retour en avion et à la vie civile.Je renonçai à poursuivre les cours de capitaine car trop exigeant en temps pour moi et pour mon employeur.En novembre 1977, à mon grand étonnement, je reçois la croix de Chevalier de l'ordre de la Couronne.

dague.gifEn 1983, j'atteins la limite d'âge (45 ans) et ne fait plus partie du cadre de réserve.Je n'ai pas perdu le contact avec l'armée grâce à mon fils Olivier qui, après avoir fait deux ans à l'école militaire, s'engagea comme Officier Para-Commando. J'ai assisté à sa remise de Béret rouge et même j'ai été avec lui au bal de l'école militaire si folklorique, tous en grand uniforme, sautillant à la queue leu-leu sur des chaises et en chantant le chant de l'école militaire.A cette occasion, j'ai retrouvé le colonel Reinders, en grand uniforme, commandant de l'école. Il était lieutenant d'un autre peloton que moi lors de mon service militaire.Lors des opérations internationales de mon fils Olivier pour la Somalie, le Burundi, la Croatie ...j'ai eu l'occasion de participer à diverses cérémonies ou réunions de parents .

dague.gifEn 1995, à l'occasion de mon anniversaire (57 ans), mon fils Olivier m'offre un saut en chute libre en tandem (de 4000 mètres). Martine ma sœur effectue également un saut. L'avion et l'équipage est Russe et c'est avec une certaine angoisse que nous entamons la longue ascension jusqu'à 4000 mètres. Avec mon binôme derrière moi, nous sautons avec casque, derrière un dizaine d'autres parachutistes . Quelques minutes en chute libre où je ne vois pas grand chose d'autant plus que nous traversons de gros nuages.Mon binôme et instructeur ouvre le parachute à quelques centaines de mètres du sol et c'est l'extase. Je vois le sol et la croix où il faut atterrir , les autres parachutistes et celui qui nous filme et qui a sauté avec nous. Arrivée au sol comme dans un fauteuil, j'ai un sentiment de volupté. Je l'ai fait ! Je possède la cassette vidéo avec musique de l'enregistrement complet de ce fabuleux saut. Cette cassette a été convertie en MP3 et se trouve sur mon ordinateur.A divers moments, mon fils Olivier, maintenant Capitaine au 1 Para, (béret rouge) me fait participer à diverses opérations avec l'un ou l'autre de ses pelotons .Un premier exercice réel eut lieu près de mon chalet à Petit Han avec parachutage de nuit de vivres et munitions. Ses hommes bivouaquent dans la sapinière et, à l'arrivée des avions doivent réceptionner le largage et continuer l'exercice. Un des parachutes est accroché sur la cime d'un arbre et ne peut être récupéré. Il y restera plusieurs années . Je vais le voir régulièrement. Un autre exercice, également de nuit, consiste à prendre des dinghies à hauteur de Noiseux et de descendre l'Ourthe jusqu'au pied du château de Logne en traversant silencieusement Durbuy,Barvaux et Bomal. Je m'embarque camouflé comme les hommes et pagaie le plus silencieusement possible.Arrivé au pied du château, je bascule dans l'eau froide et regagne la rive frigorifié. Je ne ferai donc pas l'assaut final des ruines. Maladroit que je suis ! Je participe aussi à une embuscade de nuit sur la route de Somme-Leuze. Planqués sur le bord escarpé de la route avec un peloton, nous attendons le convoi militaire ennemi. Bruits de moteur et la pétarade éclate, jet de tunderflash et explosifs. Le convoi est anéanti. Nous nous échappons (escape) par les ravins jusqu'au haut plateau mais sommes harcelés par des troupes ennemies, ce qui nous force à partir dans les « matitis » (ancien terme utilisé par les Para Belges au Congo) et nous aboutissons tout en haut des falaises près de Durbuy. Descente très difficile ! Je suis épuisé à la fin de l'exercice. Une dernière opération très mémorable se passe à la carrière de marbre de Rome (Petit Han).Mon frère Christian et moi, attendons de nuit l'arrivée d'un peloton en infiltration depuis les bois de Petit Han. En tant que partisans, nous devons, soit disant, leur faire monter la carrière par une échelle de cordes . (60 mètres) .N'ayant pas pu assimiler la technique de montée d'une échelle de corde, Christian et moi tirons presque exclusivement sur nos bras, nous peinons, ahanons , soufflons, car à chaque marche, l'échelle nous ramène quelques cm plus bas tant l'élasticité est grande. Il faut aussi sans cesse s'écarter de la paroi. Nous sommes assurés par des soldats se trouvant au sommet. Christian descelle un pierre qui tombe sur la tête d'Olivier !! Mais il faut continuer et c'est complètement anéantis que nous arrivons au sommet de la falaise. Je suis de loin le plus âgé (60 ans ?) et je crois véritablement que je vais passer l'arme à gauche ! Il me faut au moins une demi-heure pour reprendre mon souffle et poursuivre l'exercice. C'est précisément à cet instant que je réalise que j'ai été au delà de mes limites et qu'il est temps pour moi de limiter mes ambitions. Il ne faut plus compter sur moi pour gagner la guerre !!Ce sera le dernier exercice militaire auquel je participerai.

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             Mon mariage en uniforme avec Danielle Docquois, Décembre 1964

               1 an et demi après ma démobilisation Manœuvre à Petit Han

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Je vais conclure ce chapitre sur une réflexion générale sur la Conscription ou Service Militaire.Le 1 mars 1995, la Belgique a abrogé le service militaire obligatoire, comme la plupart des pays d'Europe. On comptait à l'époque en Belgique presque 35.000 hommes du contingent contre 40.000 de métier.On peut facilement imaginer la totale réorganisation de l'armée qui fut nécessaire.Mon fils Frédéric fut un des premiers à ne pas devoir faire de service militaire et je le regrette.C'est évidemment une énorme économie mais sur le plan social, je crois que ce fut une grande perte.L'armée était une formidable occasion de côtoyer des gens de toutes conditions et de pousser la jeunesse au sport et à l'exercice physique durant une toute petite partie de leur vie.Bien sûr, certains services militaires pouvaient être un gâchis et une perte de temps mais chacun pouvait en faire aussi une source d'enrichissement. Personnellement, je regrette cet arrêt du service militaire, peut être du fait que j'ai eu ce privilège d'être Officier dans un corps d'élite les Para Commando .

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                    Spectaculaire photo? de l'embarquement d'un Peloton

       goblet-cor-1962-para-commando-39.jpg

Je sors de mon service militaire chez les Para-Commando gonflé à bloc, prêt à affronter la vie affective et professionnelle ! Mes ailes m'ont donnés des ailes ! Mon béret vert m'a rendu invinsible !Belle illusion, qui s'atténuera petit à petit confronté à nouveau à la vie civile qui ne se soucie pas un instant de mes exploits et préoccupations militaires.Dans ma recherche d'un premier job, nul ne prête attention à mon parcours de superman !! Mais j'ai heureusement ma force intérieure qui n'a pas nécessairement besoin de s'extérioriser.Finalement ce n'est pas le regard des autres qui importe mais bien le regard que l'on porte sur soi même. L'essentiel c'est de garder cette confiance en soi du Para Commando et de savoir que,comme dit notre devise « Who Dares , Wins » ou en français « Qui Veut, Peut » .Je crois toutefois que j'ai pu transmettre à mes deux fils le sens de l'effort et du dépassement de soi et sans doute bien d'autres valeurs qu'ils pourront reconnaître un jour avoir hérité de moi.

Résumé de mon Service militaire.De Mars 1962 à Juin 1963 (15 mois)compagnie école au 2 ème Bataillon Commando à Flawinne ( 6 mois )Brevet Parachutiste à Schaffen

Brevet Commando à Marche-les-Dames. Remise du béret Vert et grade d'Adjudant de réserve.Chef de Peloton A (9 mois) Compagnie B Peloton A Grade de Sous-Lieutenant en Mai 1963. Démobilisé en Juin 1963. 1 er Lieutenant en Juin 1969.Rappel pour ma candidature de Capitaine de réserve.2 semaines en Ecosse. 1973 Croix de chevalier de l'ordre de la couronne en 1977. Sortie du Corps de réserve en 1983.

Coordonnée Jacques Goblet 1 Lt de réserve de Mars 1962 à Juin 1963 35

 

 

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